AAPPMA de l'Elorn

Association Agréée de Pêche et de Protection du Milieu Aquatique de l'Elorn

Le saumon sur l'Elorn

Comme sur l'ensemble des rivières de Basse Bretagne, environ 5O % des jeunes saumons de l'ELORN dévalent vers la mer après un hiver passé en eau douce, 5O % après deux hivers.

Après leur long périple dans l'Atlantique Nord, deux cohortes de saumons adultes remonteront l'ELORN après :

1 hiver de mer. Ces saumons appelés castillons « gwennig « en Breton, grisle (anglo saxon) migrent en été. Ils mesurent de 5O cm pour les plus petits à 65 cm environ, pèsent de 1,5 kg à 3 kg. Pour « faire simple » nous classerons les poissons migrant en automne dans la même catégorie,

2 hivers de mer. Ces saumons mesurent de 68 cm à 85 cm environ et pèsent de 3 kg à 6 kg. On les nomme « saumons de printemps » et leur migration en rivière s'effectue de mars à mai.

Partout en Europe, les saumons de 3 hivers de mer sont de plus en plus rares. Ce sont des grands saumons de 85 cm à 1 mètre, voir davantage sur certaines grandes rivières (ALLIER, GAVES...) Quatre de ces majestueux poissons ont été capturés en 2OO8 sur l'ELORN. Un phénomène qui n'était plus observé depuis plus de 2O ans.

Depuis 3 décennies, sur l'ELORN comme partout en Bretagne et la plupart des rivières à saumons atlantique, on observe une forte diminution des saumons de printemps et une modification des rythmes de remontée.

Sur l'ELORN, dans les années 7O, l'essentiel de la remontée annuelle était constitué de saumons de printemps. Leur migration était concentrée sur la période mi- février/fin mars. Cette catégorie de saumon a vu ses effectifs diminuer dans des proportions considérables. Ainsi estimons nous que la population des années 7O (1) s'établissait dans une fourchette de 5OO à 1OOO poissons. Depuis une décennie environ elle varie de 5O à 2OO poissons !

Pour autant, au cours de ces 4O dernières années, il n'est pas certain que le nombre total de saumon ait véritablement diminué. En effet, durant cette période la population de saumons tardifs, (saumons de plus petite taille = poids moyen en baisse) à l'inverse des saumons de printemps, a augmenté de manière vraisemblablement tout aussi importante. Sur l'ELORN, ce stock fluctue à présent dans une fourchette de 5OO à plus de I OOO poissons.

Autre phénomène, les rythmes de remontée n'ont cessé d'évoluer. Ainsi, dans les années 8O la migration estivale se concentrait sur la période 15 juin – 15 juillet. Depuis 5 ans environ , l'essentiel de cette montaison estivale se concentre de la quatrième semaine de juillet à la fin du mois d'Août. En outre, (fin de la décennie 9O/début des années 2OOO) on a pu constater qu'un pourcentage de plus en plus important de saumons tardifs pouvait atteindre des tailles supérieures à 6O – 65 cm, voir même à 7O cm. Au cours de ces toutes dernières années, la taille moyenne semble à nouveau régresser:

Ces observations ont été rendues possibles sur l'ELORN grâce :

- au « CHUPEN » : une association créée dans les années 5O pour favoriser la déclaration des captures, d'ou des « statistiques » anciennes sur l’Elorn,

- un programme scientifique, mis en place à partir de 1977, entre l'association et le CNEXO-COB (aujourd'hui IFREMER) qui a permis un suivi précis des captures et des remontées (première trappe de comptage installée en 1977 ).

- aux inventaires piscicoles (Indices d'abondance), comptage de frayères, vidéo comptage, etc...

Tous ces éléments démontrent que rien n'est simple et surtout pas l'évolution des populations de poissons, surtout lorsqu'il s'agit d'un grand migrateur. Ainsi, à titre d'exemple, des années de production exceptionnelles de juvéniles en rivière (voir chapitre bilan indices d'abondance) ne semblent pas se traduire les années suivantes, par des retours d'adultes en rapport avec ces fortes densités. La phase de vie marine du saumon atlantique reste donc mystérieuse. Cependant, selon certaines études scientifiques, la mortalité en mer aurait augmenté de manière importante depuis les années 7O. Surexploitation ? Effet du réchauffement climatique ? Beaucoup de théories sont avancées.

 

(1) la population de saumons de printemps s'est écroulée deux ans après l'apparition d'une maladie apparue en 1972 qui affectait un important pourcentage des poissons dans les jours suivant leur remontée en eau douce (UDN ? ? - nécrose dermale ulcérative).