Actions et objectifs

Notre objectif est d'offrir à nos sociétaires l'accès à une pêche de bonne qualité, dans des cours d'eau entretenus .
Quelques principes dirigent donc notre action :
- Défendre la qualité des cours d'eau en luttant sans concession contre toutes les pollutions et agressions diverses, ceci en utilisant toutes les possibilités administratives, médiatiques et judiciaires.
- Assurer la réalité et pérennité de nos droits de pêche en signant avec les propriétaires de rives des baux dûment enregistrés, et en devenant nous mêmes propriétaires chaque fois que l'opportunité se présente.
- Entretenir les berges et les cours d'eau.
- Veiller à la libre circulation des poissons migrateurs.
- Maintenir une population de poissons sauvages, par une gestion "patrimoniale", en réservant les repeuplements en truites aux étangs et au lac.
- Veiller à maintenir les prélèvements dans des limites raisonnables , ceci par la création de réserves, la limitation des prises à 6 par jour sur les cours d'eau et l'élévation de la maille à 23 cm par règlement intérieur.
- Surveiller les lots de pêche.
- Intéresser et former les jeunes par l'animation d'une école de pêche.
L' AAPPMA participe aux actions de recherche par la déclaration des captures, les inventaires piscicoles, la gestion des trappes de comptage.
L'AAPPMA assure également des relations suivies avec les collectivités et diverses administrations qui ont à traiter de la protection de l'eau, des rivières et de la pêche. Elle collabore étroitement avec, le syndicat de bassin de l'Elorn, et tout particulièrement la Maison de la Rivière à Sizun.
Actions entreprises depuis 38 ans sur l'Elorn:
Les premières prises de conscience sur la nécessité d'une bonne gestion piscicole datent des années 50 où des gens éclairés (Georges HUET, André LE ROUX,..) entreprirent des actions positives, citons :
Fusion en 1959 des deux sociétés de pêche réunissant l'ensemble du bassin versant.
Création de l'association "le Chupen" qui, sous une forme conviviale, visait à promouvoir la déclaration des captures, (à une époque où la tendance était plutôt "chacun pour soit").
En réaction à la dégradation des rivières, les années 70 virent la mise en route par l'APP, sous l'impulsion de l'APPSB (devenue EAU et RIVIÈRES de Bretagne) avec le soutien scientifique du CNEXO (aujourd'hui IFREMER), d'un programme salmonicole de remise en valeur de l'Elorn:
aménagement des rives et du lit, abandonnés depuis des décennies,
lutte contre les pollutions,
amélioration de la circulation des migrateurs,
mise en oeuvre d'un programme de collaboration pêcheurs/scientifiques.
Évolution des techniques de repeuplement :
Une première expérience de ruisseaux pépinière a été effectuée dans les années 70 sur deux affluents : le St Jean et le Dour ar Men Glaz, avec observation de retours significatifs d'adultes marqués. Cette technique a été abandonnée sur ces petits ruisseaux, zones privilégiées de reproduction de la truite fario. Elle a par contre été reprise récemment sur un affluent plus important, le Quillivaron que les reproducteurs ont du mal à rejoindre. Ces repeuplements ne sont bien entendus effectués qu'avec des oeufs de saumons prélevés dans l' Elorn .
Maîtrise de la production des smolts en pisciculture : Une pisciculture expérimentale a été mise en place en 1974 . La technique a été parfaitement maîtrisée à partir de 1984, elle a fait l'objet de publications ( GAIGNON - PROUZET 1981-1982). Désormais l'AAPPMA a en charge son fonctionnement (production : 8000 à 12000 smolts/an). La nouvelle trappe de comptage de Kerhamon, mise en service fin avril 2007, permet désormais d'observer les retours d'adultes. Le tableau récapitulatif des remontées est consultable sur ce site.
LES RÉSULTATS :
50 à 60 km de berges sont régulièrement entretenues chaque années.
acquisition de 12 km de rives représentant plus de quarante hectares.
Absence d'obstacle à la circulation du poisson jusqu'au barrage du Drennec. Seules quelques piscicultures posent problème lors d'étiage sévère.
La qualité de l'eau s'est nettement améliorée en ce qui concerne les pollutions d'origine urbaine et industrielle. Reste le problème des pollutions d'origine agricole ( nitrates, pesticides), même si dans ce domaine les tendances semblent encourageantes.
La collaboration pêcheurs- scientifiques a permis d'accumuler de précieuses données qui ont fait l'objet de plusieurs publications, à l'origine d'une nouvelle réglementation pionnière et originale, mise en place avec l'assentiment des pêcheurs dès 1977:
1/3 supérieur de la rivière classé en réserve saumon,
3 jours par semaine interdits à toute pêche sur le parcours saumon, ceci permettant à bon nombre de géniteurs, notamment saumons de printemps, d'atteindre la réserve.
Mise en place d'un parcours mouche sur le cours inférieur (900 m).
Déclaration obligatoire des captures.
Définition du pêcheur de truite ( gaffe interdite, diamètre du fil ).
Depuis 1987 , avec les nouvelles dispositions nationales, l'essentiel de ces mesures a été officialisé , affiné, complété (quota, ouverture automnale etc...) c'est une avancée considérable.
EVOLUTION ACTUELLE :
Une certaine prise de conscience existe quant à la préservation de la qualité de l'eau, avec mise en route d'ambitieux et coûteux plans de restauration : Bretagne Eau Pure, contrat rade de Brest... Des agriculteurs commencent à modifier leurs pratiques. Cependant on peut constater tous les jours que de nombreuses menaces persistent : déversements plus ou moins accidentels de lisiers, pesticides, rectifications de ruisseaux, drainages, tandis que certaines collectivités ambitionnent de pomper toujours plus d'eau dans l'Elorn !
Les defenseurs de l'Elorn mettent aujourd'hui beaucoup d'espoir dans le SAGE adopté début 2008, ainsi que dans le programme NATURA 2000, qui devrait se concrétiser en 2011.
La population de saumon se maintient globalement sur l'Elorn(diminution du saumon de printemps,augmentation des saumons d'été et d'automne).
Depuis 1998, une nouvelle méthode de suivi de l’espèce a été mise en place. L’indice d’abondance juvéniles saumon.
Vous avez dit réciprocité ?
L'AAPPMA de l'Elorn s'est retirée des accords de réciprocité départementaux et interdépartementaux depuis 1983 . Cette décision ne fut pas prise dans un esprit d'hostilité vis à vis des pêcheurs extérieurs, c'est avec grand plaisir que nous les accueillons en effet grâce aux tarifs raisonnables des permissions de pêcher journalières, hebdomadaires et mensuelles que nous mettons à leur disposition sans limitation. Nous pensons qu'il est normal de payer directement une cotisation à l'association qui gère les parcours où l'on a choisi de pêcher, cotisation plus ou moins importante selon le temps qu'on y passe. On sait ainsi ce qu'on paye, à qui et pourquoi, tout est plus clair
La gestion des rivières à salmonidés a un coût : entretien des rives, acquisitions, salaires; la qualité de la nôtre a été reconnue (trophée Pêche Sportive 1998)
Prétendre que l'on pourra pêcher partout au moindre prix et avoir une pêche de qualité est pure démagogie.
La réciprocité telle qu'elle est généralement pratiquée n'aboutit qu'à déresponsabiliser associations et pêcheurs.
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