Actions et objectifs

 

L’objectif des responsables de l’AAPPMA de l’ELORN est d’offrir à leurs sociétaires l’accès à une pêche de bonne qualité, dans des cours d’eau entretenus, peuplés de poissons sauvages.

Quelques principes dirigent  notre action :

  • Défendre la qualité des cours d’eau en luttant  contre toutes les pollutions et agressions au milieu aquatique en utilisant  les possibilités administratives, médiatiques et judiciaires.
  • Assurer la réalité et la pérennité de nos droits de pêche en signant des baux avec les propriétaires riverains, et si possible assurer la maîtrise du foncier en  devenant nous mêmes propriétaires.
  • Entretenir les berges et les cours d’eau.
  • Œuvrer en faveur de  la libre circulation des poissons migrateurs (continuité écologique).
  • Maintenir une population de poissons sauvages, par une gestion « patrimoniale » sur les 9O % du réseau classé en « contexte conforme », les » repeuplements » en truites arc en ciel étant limités aux étangs et au lac (classés en contexte perturbé).
  • Veiller à maintenir les prélèvements salmonicole dans des limites raisonnables , ceci par la création de réserves, la limitation des prises (favoriser le NO KILL non pas systématique mais « partiel »)  et l’élévation de la maille à 23 cm par règlement intérieur
  • Assurer le contrôle et participer à la lutte contre le braconnage.
  • Intéresser et former les jeunes par l’animation d’une école de pêche.

L’ AAPPMA participe aux actions de recherche, à la  déclaration des captures, les inventaires piscicoles, la gestion des trappes de comptage, l’inventaire annuel des frayères, qui constituent autant d’indicateurs pour mieux suivre et  gérer les populations de saumons atlantiques, de truites fario et truites de mer.

L’AAPPMA assure également des relations suivies avec les collectivités et diverses administrations qui ont à traiter de la protection et de la bonne gestion de l’eau, des rivières et de la pêche. Elle collabore étroitement avec, le syndicat de bassin de l’Elorn, mais également la Maison de la Rivière à Sizun, la fédération départementale des AAPPMA du Finistère et diverses associations de défense de l’environnement (Eau et Rivière de Bretagne, Bretagne Vivante, etc, etc….)

Actions entreprises depuis  42 ans sur l’Elorn :

Les premières prises de conscience en faveur d’une bonne gestion salmonicole sur l’ELORN datent des années 50 grâce à  des pêcheurs éclairés (Georges HUET, André LE ROUX,..) qui entreprirent des actions pionnières :

  • Fusion en 1959 des deux sociétés de pêche en une seule association à l’échelle du bassin versant.
  • Création de l’association « le Chupen » qui, sous une forme conviviale, visait à promouvoir la déclaration des captures de saumons, (à une époque où la tendance était plutôt « chacun pour soit »).

En réaction à la dégradation des rivières, les années 70 ont vu la mise en place par l’APP, sous l’impulsion de l’APPSB (devenue EAU et RIVIÈRES de Bretagne) avec le soutien scientifique du CNEXO (aujourd’hui IFREMER), d’un programme salmonicole de remise en valeur de l’Elorn :

  • Aménagement des rives et du lit, abandonnés depuis des décennies,
  • Lutte contre les pollutions,
  • Amélioration de la circulation des migrateurs,
  • Mise en œuvre d’un programme de collaboration pêcheurs/scientifique(suivi des captures, mise en place d’une pisciculture expérimentale de production de smolts, etc…).

Évolution des techniques de repeuplement :

Une première expérience de ruisseaux pépinière a été effectuée dans les années 70 sur deux affluents : le St Jean et le Dour ar Men Glaz, avec observation de retours significatifs d’adultes marqués. Cette technique a été abandonnée sur ces petits ruisseaux, zones privilégiées de reproduction de la truite fario.

Maîtrise de la production des smolts en pisciculture : Une pisciculture expérimentale a été mise en place en 1974 . La technique a été parfaitement maîtrisée à partir de 1984, elle a fait l’objet de publications ( GAIGNON – PROUZET 1981-1982). Désormais l’AAPPMA a en charge son fonctionnement (production : 1O OOO smolts/an). Cette production est financée dans le cadre d’une somme de compensation suite à la construction du barrage du DRENNEC sur le HAUT ELORN, versée par le syndicat de bassin de l’ELORN.  

Le bilan :

+Plusieurs dizaines de Kilomètres de rives  sont régulièrement entretenus chaque année.

+ 15 km de rives propriétés de l’association  représentant plus de quarante hectares.

+ Suppression des obstacles à la migration des saumons sur la rivière principale.  Seules  (3) piscicultures industrielles  posent problème en freinant les migrations. Chaque année une dizaine de « petits obstacles » sont aménagés sur les affluents afin d’améliorer la circulation des farios et des saumons (près de 5O % de la production de tacons est assurée sur ces affluents)

La qualité de l’eau s’est nettement améliorée en ce qui concerne les pollutions d’origine urbaine et industrielle.La  pollution   d’origine agricole ( nitrates, pesticides) est également en régression depuis quelques années (voir courbe nitrate). Cette amélioration est cependant fragile car les pollutions dites accidentelles restent d’actualité (notamment les disfonctionnements sur les stations de traitement des élevages porcins). Pour plus de détail sur l’évolution de la qualité des eaux voir SAGE ELORN : www.syndicat-bassin-elorn.fr

La collaboration pêcheurs- scientifiques, dès 1974, a permis d’accumuler de précieuses données sur L’ELORN qui ont fait l’objet de plusieurs publications, à l’origine d’une nouvelle réglementation pionnière et originale, mise en place avec l’assentiment des pêcheurs en 1977 :

  • 1/3 supérieur de la rivière classé en réserve saumon,
  • 3 jours par semaine interdits à toute pêche sur le parcours saumon, ceci permettant à bon nombre de géniteurs, notamment saumons de printemps, d’atteindre la réserve.
  • Mise en place d’un parcours mouche sur le cours inférieur, allongé en 2O17 (1 4OO mètres).
  • Déclaration obligatoire des captures.
  • Définition du pêcheur de truite ( diamètre du fil ).

Depuis 1987  et surtout à partir de  1996,  les nouvelles dispositions nationales, ont conforté, renforcé et complété ces mesures de gestion (quota, ouverture automnale etc…). Grâce à la trappe de comptage de KERHAMON, par système vidéo-comptage -, le tableau récapitulatif des remontées est consultable sur notre site –   le suivi des populations de juvéniles (les Indices d’Abondance) on dispose  de données de plus en plus précises pour suivre l’évolution des populations de saumons sur notre rivière. Pour plus de renseignements les personnes intéressées peuvent également accéder au site BRETAGNE GRANDS MIGRATEURS qui regroupe l’ensemble des informations pour toutes les rivières de BRETAGNE.

Sur l’ELORN, l’ensemble des actions réalisées, ainsi que le bilan des suivis de populations font l’objet d’un rapport annuel détaillé, mis en ligne sur notre site AAPPMA ELORN  (format PDF)

Évolution actuelle :

Une certaine prise de conscience existe quant à la préservation de la qualité de l’eau, avec mise en route d’ambitieux et coûteux plans de restauration dans les années 9O : Bretagne Eau Pure, contrat rade de Brest, affinés par la mise en place du SAGE ELORN adopté en 2OO8. A noter que l’ELORN, estuaire compris est « classé » en NATURA 2OOO (opérateur : syndicat de bassin ELORN)

La population de saumons se maintient globalement sur l’Elorn et se situe dans une fourchette annuelle de 5OO à 14OO poissons. Depuis six ans la population de saumons de printemps « monte » légèrement (de 5O à 15O poissons de PHM la population évolue à présent dans une fourchette de I2O à 3OO poissons).

 

Vous avez dit réciprocité ?

L’AAPPMA de l’Elorn s’est retirée des accords de réciprocité départementaux et interdépartementaux depuis 1983 . Cette décision ne fut pas prise dans un esprit d’hostilité vis à vis des pêcheurs extérieurs, c’est avec grand plaisir que nous les accueillons en effet grâce aux tarifs raisonnables des permissions de pêcher journalières et hebdomadaires que nous mettons à leur disposition sans limitation. Nous pensons qu’il est normal de payer directement une cotisation à l’association qui gère les parcours où l’on a choisi de pêcher. On sait ainsi ce qu’on paye, à qui et pourquoi, tout est plus clair (à noter que le prix du permis de notre A APPMA réputé le plus cher  est en réalité le moins cher du département, à la condition de participer aux chantiers d’entretien ce qui permet de bénéficier d’une « remise » pouvant s’élever jusqu’à 7O euros pour 7/12 journées de travail.

La bonne gestion d’une rivières à salmonidés (surtout les rivières à saumon) a un coût  élevé : entretien des rives, acquisitions, salaires des permanents ; la qualité de la nôtre a été reconnue (trophée Pêche Sportive 1998, prix Charles RITZ en novembre 2O11.)

Prétendre que l’on pourra pêcher partout au moindre prix et bénéficier d’ une pêche de qualité est pure démagogique, surtout depuis la mise en place des réciprocités « tout azimuth » à l’échelle de plusieurs dizaines de département (la fameuse réciprocité Grand OUEST – l’ EHGO) qui « mélangent » rivières de première et de seconde catégorie, et des ‘AAPPMA qui parfois ne disposent  pas du moindre bail de pêche en bonne et due forme ! On frise là l’escroquerie ! 

Cette « super réciprocité »  en faisant croire que la démocratie halieutique consiste à pouvoir pêcher partout au moindre prix, n’aboutit au final qu’à déresponsabiliser les gestionnaires associatifs et les pêcheurs. Ce n’est pas un hasard si la gestion halieutique des rivières à salmonidés, est considérée comme l’une des plus médiocres en Europe .